BAROMETER-vouwbareA3-FR
Ce baromètre annuel est un outil créé à destination des délégués, afin de sensibiliser au maximum les militants et leurs collègues au sein des entreprises.
C’est un travail collectif du service d’étude de la FGTB fédérale qui en est déjà à sa quinzième édition. Il est à la fois fondé sur des indicateurs communs et sur l’actualité qui le traverse également. Chaque info est sourcée, de sorte à ne pouvoir être remise en question.
Il a un objectif clair : démontrer le côté contreproductif des mesures prises par le gouvernement Arizona. Thématiquement, la brochure se divise en dix chapitres pour mieux déconstruire chacune de ses contrevérités.
Le créneau de la majorité, c’est : « Tout le monde doit travailler ». Or, si la productivité a augmenté très rapidement, ça n’a pas été les cas des salaires. Entre 1995 et aujourd’hui, elle a atteint 28% d’augmentation. Alors que l’évolution des salaires n’est pas alignée. Au contraire ! elle est à peine de 12%. [i]
Où se trouve cet argent ? Il a été capté par les employeurs, via l’augmentation des marges bénéficiaires. (Seule la pandémie de covid-19 a quelque peu stoppé cette logique, car l’économie a stagné durant cette période.)
Pourtant, les hausses salariales sont faibles, voire nulles. Pourquoi ? D’une part, parce qu’un saut d’index [ii] a été décrété sous le gouvernement Michel. D’autre part, parce que la revalorisation salariale est quasi systématiquement ignorée. En outre, il existe nombre d’avantages extralégaux qui ont mis sur pied pour freiner l’évolution des salaires. Ces avantages sont des parties de rémunération permettant d’éluder la participation à la contribution collective – impôts et cotisations sociales –, déforçant ainsi services publics et Sécurité sociale.
Le but affiché est de remettre au boulot les personnes qui ne sont pas occupées actuellement. Deux catégories principalement visées :
Plus on est âgé, plus on est susceptible de tomber malade. Le baromètre illustre très bien la surreprésentation des catégories d’âges les plus élevées dans le nombre total de travailleurs malades – environ 500.000 personnes en Belgique.
Autre constat : les femmes souffrent davantage de la charge mentale au niveau de la conciliation entre vie privée et vie professionnelle.
Les horaires flexibles renforcent également les cas de maladie. En effet, ils représentent un risque d’impact sur les rythmes de sommeil qui influencent à leur le rythme de travail – et vice-et-versa ! C’est un cercle vicieux qui s’installe de la sorte.
Il s’agit de trois attaques distinctes sur le droit à la perception à une allocation de chômage.
194.000 personnes vont perdre leur droit au bénéfice d’une allocation. Particulièrement, les personnes peu ou moyennement scolarisées. De plus, les personnes en difficulté d’insertion sur le marché du travail vont subir de plein fouet cette réforme.
Les jeunes de moins de 30 ans et les plus de 55 ans sont les personnes les plus fortement touchées par les mesures d’exclusions. Les conditions de carrière sont tellement strictes qu’elles évincent de facto nombre de celles-ci du pilier chômage. Se pose de manière générale la question de savoir comment les personnes éloignées de l’emploi vont revenir vers celui-ci ?
On ignore aussi tout des conséquences que vont apporter les diverses formes de flexibilisation. Elles vont progressivement mettre en concurrence travailleurs « classiques » et « flexibilisés » ? Les flexi-jobs, initialement mis au point dans l’Horeca pour contrer la mise en place des caisses automatiques, sont accessibles uniquement aux personnes disposant déjà d’un emploi.
Plus de 80% des employeurs y font appel, car il existe des avantages exceptionnels pour eux, notamment, en termes de diminution des cotisations sociales patronales.
Parallèlement, les étudiants investissent de plus en plus le monde du travail – avec, là aussi, des cotisations sociales ultra-réduites. Le recours aux jobs étudiants pose la question du risque d’échec scolaire. Et, donc, du retardement d’entrée sur le marché du travail avec un « vrai » boulot pour certains d’entre eux.
Concrètement, jusqu’à 1h30 de travail journalier supplémentaire est possible, soit un passage vers les 45 heures hebdomadaires !
Pourtant, le taux d’emploi a rarement été aussi élevée. Avec une contribution des 55 ans et plus en augmentation. Les personnes travaillent déjà. La flexibilisation des conditions de travail est, par conséquent, un non-sens historique.
Dernier point d’attention en la matière : les plateformes. Méconnu du mouvement syndical, il est en expansion dans le monde du travail. C’est une externalisation, une sous-traitance de la main-d’œuvre. Malheureusement, la documentation sur ce phénomène est encore peu sourcée. Toutefois, il est avéré qu’il existe un manque criant de protection sociale pour les travailleurs employés sous application de ce statut.
Enfin, notons que la Belgique a très peu évolué sur le recours aux formation au cours de l’année écoulée, alors que c’est un droit fondamental pour les travailleurs.
Le définancement chronique de la Sécurité sociale est issu des diminutions de ses recettes. Principalement, des décisions politiques qui diminuent les cotisations sociales patronales et/ou augmentent les subsides salariaux – appelés également cadeaux aux entreprises – à hauteur de 16 milliards d’euros.
Si les flexi-jobs et les travailleurs étudiants contribuaient pleinement à la Sécu, on serait en capaciter d’augmenter de 2,5 milliards les rentrées dans les caisses de la Sécu.
Paradoxalement, le gouvernement De Wever entend porter le budget dédié à la Défense à 5% du PIB, soit, à l’horizon 2035, à hauteur de quelque 32 milliards.
Bref, la droite ne remet aucunement de l’ordre dans le budget, puisqu’elle crée les conditions favorisant le creusement du déficit public.
[i] C’est ce qu’on appelle les gains de productivité, c’est-à-dire la plus-value engendrée par la production des travailleurs et accaparée par le patronat. Basiquement, ça signifie que, depuis 50 ans, les travailleurs produisent plus en moins de temps, mais ne sont pas rémunérés à la hauteur de leur augmentation de production.
[ii] Voir la présentation du mécanisme de l’indexation automatique des salaires ici : https://fgtb-liege.be/central_general_actu/indexation-automatique-des-salaires-un-mecanisme-de-defense-du-monde-du-travail-a-preserver/
L’intégralité du document est consultable ici :
2540 FGTB Baromètre 2025 FR v7